Leçon 8 : la conquête de la Gaule

Cette leçon fait suite à la leçon 2 : nos ancêtres les Gaulois.

Chapitre premier (suite) : les Gaulois et les Romains

Vercingétorix meurt pour la patrie

Vercingétorix battit d’abord les Romains. Ce fut une grande joie dans toute la Gaule quand on apprit sa victoire. En réjouissance, on alluma de grands feux sur les collines.

Mais ensuite, il fut vaincu. Il alla s’enfermer avec ses soldats dans une ville, Alésia, qu’on appelle aujourd’hui Alise-Sainte-Reine1.

César entoura la ville avec son armée. Il l’entoura si bien qu’il fut impossible aux Gaulois d’en sortir. Bientôt ces malheureux n’eurent plus à manger.

Vercingétorix ne voulut pas les laisser mourir de faim. Il aima mieux se rendre à César. Il s’en alla vers le camp des Romains, tout seul.

Vous le voyez, au moment où il vient d’arriver devant César, qui est assis sur un siège élevé.

Vercingétorix a jeté son casque et sa lance. A présent, il jette son épée. Cela voulait dire qu’il se reconnaissait vaincu.

César croyait que Vercingétorix allait le prier de ne pas le faire mourir. Mais Vercingétorix était trop fier pour prier César. Il le regarda bien en face et ne dit pas un mot.

Vercingétorix fut conduit à Rome. On l’enferma dans une prison ; c’était une cave presque sans air et sans lumière. Il y resta plusieurs années. Souvent il pensait au temps où il marchait par les chemins de la Gaule, suivi de ses soldats. Et il était bien triste. A la fin, César le fit mourir.

Retenez bien le nom de Vercingétorix, qui a combattu pour défendre sa patrie, et qui a souffert et qui est mort dans une affreuse prison.

Une ville gauloise

Voici une place d’une ville. Vous y voyez de beaux monuments à colonnes. Une fontaine verse son eau nuit et jour. Cette ville est une ville gauloise. Vous devez être étonnés de voir une si belle ville en Gaule, car vous avez vu l’autre jour une maison gauloise bien misérable.

Deux hommes s’arrêtent pour causer. Ils sont habillés d’une robe. Ces hommes sont des Gaulois. Ils ne ressemblent plus du tout à celui que vous avez vu auprès de sa maison, au moment où il allait partir pour la chasse.

Des enfants vont à l’école. Ils sont sérieux comme de petits hommes et sont bien habillés. Ce sont des petits Gaulois, et je vous disais, l’autre jour, que les petits Gaulois n’allaient jamais à l’école.

Voilà bien des changements. Qu’est-ce donc qui est arrivé ?

Il est arrivé que les Romains sont devenus les maîtres de la Gaule, après les victoires de César.

Les Romains savaient faire beaucoup de choses que les Gaulois ne savaient pas faire. Mais les Gaulois étaient très intelligents. Ils apprirent à faire tout ce que faisaient les Romains.

Alors, ils bâtirent de belles villes. Ils s’habillèrent comme les Romains. Les enfants allèrent à l’école pour apprendre à lire et à écrire, pour apprendre l’arithmétique et d’autres choses encore.

La belle mort de Sainte Blandine

Il y avait, dans la ville de Lyon, une jeune fille qui s’appelait Blandine. Elle était domestique chez une dame riche.

En ce temps-là, la religion chrétienne commençait à être connue dans la Gaule. Mais les Romains ne voulaient pas permettre cette religion. Ils traitaient les chrétiens comme des malfaiteurs.

Blandine était chrétienne. Elle fut conduite devant le juge. Il lui demanda comment elle s’appelait. Elle lui répondit : « Je suis chrétienne ». Le juge répéta sa question ; elle répondit encore : « Je suis chrétienne » et jamais ne voulut dire autre chose.

On la conduisit en prison ; on la frappa à coups de fouet. Les bourreaux voulaient lui faire dire qu’elle n’était pas chrétienne, mais la jeune fille, à chaque coup qu’elle recevait, répétait d’une voix tranquille : « Je suis chrétienne ».

Elle fut condamnée à mort, et on la conduisit dans un cirque. Il y avait alors dans les villes des cirques bâtis en pierre, où se donnaient les spectacles. Les cirques étaient très grands. Des milliers de personnes s’y asseyaient sur des gradins de pierre.

Au milieu du cirque, Blandine est debout, liée à un poteau. Elle n’a pas peur. Elle récite des prières.

Un taureau auquel on vient d’ouvrir la porte court vers le poteau, les cornes baissées. Il va se jeter sur Blandine. La jeune fille mourra en disant de sa voix tranquille : « Je suis chrétienne ».

Beaucoup de chrétiens et de chrétiennes moururent comme sainte Blandine. On admira leur courage et toute la Gaule devint chrétienne.

RESUME

1. Nos pères, les Gaulois, vivaient à peu près comme les peuplades sauvages d’aujourd’hui.

2. Le jour où les prêtres gaulois, les druides, cueillaient le gui, était la plus grande fête de l’année.

3. La Gaule fut attaquée par les Romains commandés par Jules César.

4. Vercingétorix, chef des Gaulois, défendit son pays avec courage, mais il fut vaincu à Alésia.

5. Les Romains devinrent les maîtres de la Gaule. Ils apprirent beaucoup de choses aux Gaulois. De belles villes furent bâties en Gaule.

QUESTIONNAIRE

Comment s’appelait autrefois notre pays ? En regardant la gravure, dites comment était faite la maison d’un Gaulois. Dites comment est habillé le Gaulois qui est debout. Que fait le druide que vous voyez sur la gravure ?

Par qui la Gaule fut-elle attaquée ? Nommez le chef des Gaulois. Dites comment Vercingétorix était armé. Regardez la gravure et expliquez ce que fait Vercingétorix.

Dites ce que les Romains apprirent aux Gaulois. Racontez la mort de Blandine.

6. En ce temps, la Gaule devint chrétienne.

D’après LAVISSE E., Histoire de France. Cours élémentaire, 1940

  1. La localisation d’Alésia a longtemps fait débat. Aujourd’hui, même si d’autres hypothèses continuent d’alimenter les fantasmes, c’est bien le site d’Alise-Sainte-Reine en Cote d’Or (Bourgogne) qui est reconnu par les spécialistes comme le site officiel de l’Alésia antique. ↩︎

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