Les secrets du savon de Marseille

Et si je vous parlais d’un savon pas cher, écolo, multiusage, internationalement reconnu et ancré dans notre histoire ? Vous ne me croiriez pas ? Et pourtant si, ça existe, et je ne vous parle pas des savons Dove ou Nivéa qui inondent les rayons de vos supermarchés, je vous parle d’un bon vieux truc de grand-mère (on n’est pas sur l’école à l’ancienne pour rien) : c’est le savon de Marseille.

Le savon de Marseille : histoire d’un produit génial

Que faut-il pour faire du savon de Marseille ? De l’huile végétale, de la soude, de l’eau, du sel. Et c’est tout. Où trouve-t-on ces ingrédients ? Dans une région suffisamment chaude pour produire de l’huile d’olive et suffisamment proche de la mer pour avoir de l’eau, du sel et de la soude (qui se trouve être, au passage, une plante des rivages marins)… bingo : la Provence. Et c’est là que le savon de Marseille est né, dès le Moyen-Âge.

Pour autant, les règles de la fabrication du savon de Marseille ne sont codifiées qu’au XVIIe siècle par Colbert : ce savon se caractérise par l’utilisation exclusive d’huile végétale (en particulier l’huile d’olive) non coupée avec de la graisse animale (comme cela pouvait être le cas pour produire des savons moins chers).

A partir de cette époque, le savon de Marseille va acquérir une notoriété reconnue pendant plusieurs décennies. Il ne connait le déclin qu’à partir du milieu du XXe siècle : avec l’avènement de la société de consommation, de nouveaux produits de synthèse se développent. Des savons au marketing sympas (plus polluants et nocifs pour la santé) réutilisent la notoriété du savon de Marseille en s’en attribuant le titre mais sans en respecter la recette. Aujourd’hui, sur les 108 savonneries traditionnelles installées à Marseille et les 14 se trouvant à Salon en 1924, seules trois persistent à Marseille et seulement deux à Salon en 2018.

Pourtant, ce produit n’en reste pas moins génial : très écologique car minimaliste et biodégradable, efficace, économique car utilisable pour le corps, les cheveux mais aussi pour le nettoyage de la maison et la lessive, le savon de Marseille connaît un petit renouveau en répondant aux nouvelles préoccupations environnementales de notre temps.

Comment le repérer ?

Il vous suffit de vérifier l’étiquette : le savon doit contenir au moins 72% d’huile d’olive (ou d’huile végétale), du sel, de la soude (hydroxyde de sodium) et de l’eau. Rien de plus.

N’ayez pas peur de sa couleur verte et son aspect un peu revêche. Il n’a pas l’air comme ça, mais c’est vous meilleur allié. Et si jamais il est blanc, c’est qu’il contient probablement de l’huile de palme, ce qui, en soit, respecte la recette traditionnelle (c’est une huile végétale) mais pas forcément vos valeurs écologiques…

Pour en trouver, méfiez-vous des supermarchés : je n’en ai jamais trouvé en grande surface. Pour être sûr, privilégiez les commandes auprès des savonneries traditionnelles. Personnellement, je me fournis régulièrement auprès de la savonnerie Marius Fabre depuis plusieurs années.

Si vous voulez du 100% traditionnel, le mieux est d’acheter le savon de Marseille sans parfum ajouté. Vous sentirez bon l’huile d’olive 🙂 Mais si jamais, il existe certains produits avec un parfum (chèvrefeuille, figue…) de toute aussi bonne qualité : vérifiez juste qu’il provient bien d’un fabriquant artisanal et que ce n’est pas une énième cochonnerie qu’on essaye de vous refiler en supermarché.

Ca y est, je l’ai ! Qu’est-ce que j’en fais ?

C’est une excellente question.

Le savon de Marseille est souvent vendu en cube de 200g (et autant vous dire qu’il met du temps à être entièrement utilisé, prenez un pack, vous en aurez pour un moment !). Ca, c’est le savon pour le corps (et les cheveux si vous voulez ou si vous faites un trek dans les Pyrénées et que vous n’avez rien d’autre sous la main).

Il existe aussi du savon de Marseille à l’huile vendu en copeaux : c’est très bien pour les lessives maisons. Pour cette utilisation, vous pouvez même prendre du savon à l’huile de lin, plus agressive, c’est très bien pour le linge (mais pas obligatoire). Comment ? Que dites-vous ? Ca prend combien de temps ? 20 minutes maximum : vous faites bouillir 1L d’eau, 350g de copeaux, 70g de bicarbonate de soude et c’est fini. Vous en avez pour plusieurs dizaines de lavages et le linge est tout aussi propre qu’avec une lessive industrielle.

Vous pouvez aussi utiliser les copeaux pour faire un produit ménager multiusage (cuisine, carrelage, salle de bain…) ou un bon liquide vaisselle, dégraissant et hypoallergénique. Des versions de savon de Marseille liquide existent et seront aussi très pratiques pour fabriquer ces produits.

Et si jamais vous n’êtes pas convaincu, vous pouvez toujours commander directement ces produits sur le site d’une savonnerie traditionnelle : lessive, liquide vaisselle, produit ménager à base de savon de Marseille sont en vente libre et déjà pré-fabriqués, sans additifs artificiels.

Alors qu’attendez-vous ? Foncez maintenant !


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